L’œuvre

 

Écrit en 1914, Platero et moi (Platero y yo), lauréat du Prix Nobel de Littérature (1956), est un récit poétique composé de 138 brefs tableaux, pas plus longs qu’un poème en prose. Ces tableaux ne racontent pas une histoire mais le déroulement d’une vie.

Le poète prend le temps de regarder, d’observer, de décortiquer la vie de Moguer, son village andalous natal. En compagnie de son meilleur ami, un âne nommé Platero, il nous promène dans les jeux de l’enfance, la misère, la douleur et la tendresse, la vie, la mort, l’éternité. Il révèle au cours de son récit le caractère, parfois sombre, de l'âme humaine et critique le rapport des hommes avec la nature. La nature éternelle chez Jiménez console l’homme terrifié par sa propre finitude. Face à l'angoisse de la mort, le poète nous invite à affiner notre regard sur la beauté des choses.

Parmi les 138 tableaux de l’œuvre, le compositeur italien Mario Castelnuovo-Tedesco en choisit 28 qu’il mit en musique en 1960 pour narrateur et guitare. Nous avons créé la dramaturgie de ce spectacle autour de 15 tableaux, interprétés par Marcela Pizarro Minella et André Rodrigues. Si ces tableaux ne résument pas l’œuvre du poète, ils en cristallisent son essence. 

 

La démarche

 

Le premier défi de cette création fut de confronter deux arts – la musique et la poésie – à l’intérieur d’une mise en scène théâtrale, pour que chacun raconte l’histoire à sa propre façon. La narratrice et le guitariste sont tels des interprètes de musique de chambre.

 Pour mieux saisir la richesse musicale, poétique et théâtrale du spectacle, nous avons travaillé à ancrer le jeu dans le ventre, dans l’intériorité. Si le poète exprime souvent ses considérations métaphysiques, le récit est profondément inscrit dans la vie, dans la chair et dans la terre. Cette dualité est sa grande richesse. Nous avons voulu évoquer sans démontrer, exprimer sans expliquer.

La sculpture s’est imposée comme un autre élément essentiel. Avec Jackie Morin, scénographe et sculptrice, nous avons décidé de créer un décor avec des matériaux et des textures bruts tels que le bois et le métal. Attachés aux cycles de vie, si présents dans l’œuvre de Jiménez, nous utilisons des matériaux de récupération. En constante évolution dans la création pour mieux accompagner les interprètes, le décor s’est sculpté au fur et à mesure de notre exploration. Sur scène : un arbre, symbole de notre rapport à la nature et d’un certain réconfort que l’on peut y trouver, un arbre, jonction entre le ciel et la terre, l’éternité et la mortalité, les deux pôles d’attraction. Un arbre qui, tout au long de sa vie, voit passer tant de vies animales et humaines… Ce décor évocatif plus que réaliste laisse au public sa part d’interprétation, de rêve.

Nouvelle formule : Platero dans votre salon!

Vous voulez accueillir cette petite bête poilue et sympathique chez vous, la présenter à vos amis? Contactez nous pour savoir comment Platero et ses complices peuvent se retrouver parmi vos invités.